La mission d’échanges consacrée à la chefferie traditionnelle, conduite par une délégation de la République du Niger, s’est achevée ce vendredi 17 avril 2026 à Lomé, au terme de cinq jours de travaux intensifs. Débutée le 13 avril, cette visite s’inscrit dans une dynamique de coopération institutionnelle et de partage d’expériences entre le Togo et le Niger.

Au terme de la mission, le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, le Colonel Hodabalo Awaté, a salué la qualité des échanges ainsi que la pertinence des thématiques abordées. Il a insisté sur la nécessité de bâtir « une Afrique des peuples », dans laquelle les chefs traditionnels, en tant que relais de proximité, jouent un rôle central dans la gouvernance et la cohésion sociale. « C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de s’appuyer sur les traditions pour construire des institutions modernes et adaptées.
Cette rencontre marque l’aboutissement d’un programme riche, ayant permis aux participants de dresser la synthèse des activités menées et d’identifier des pistes d’amélioration en vue d’une meilleure organisation de la chefferie traditionnelle.

Présentant les conclusions des travaux, le directeur de la chefferie traditionnelle au Togo, le commissaire divisionnaire Vondoly Kodjo, a mis en lumière les similitudes et les spécificités des systèmes togolais et nigérien. Au Togo, la chefferie est structurée autour de trois entités administratives : le canton, le village et le quartier. Au Niger, elle repose également sur trois niveaux : tribu-village, groupement-canton et sultanat, avec une particularité notable liée à la prise en compte des populations nomades et sédentaires.
Les données comparatives révèlent que le Niger compte 122 cantons fixes et 103 groupements, contre 398 cantons au Togo. Par ailleurs, le mode de désignation des chefs diffère : au Niger, ils sont élus au scrutin majoritaire uninominal, tandis qu’au Togo, leur désignation est soit par vote, soit par succession selon les coutumes et leur rôle est davantage orienté vers la médiation sociale, la gestion des conflits et l’appui à l’administration territoriale.
Autre point saillant, la chefferie traditionnelle nigérienne apparaît comme un partenaire opérationnel dans la mise en œuvre de programmes avec des institutions telles que le Fonds des Nations unies pour la population, bénéficiant de mécanismes d’accompagnement dédiés. Au Togo, elle intervient surtout comme une interface de proximité, contribuant à la mobilisation sociale et au dialogue communautaire.

Prenant la parole au nom de la délégation, Amirou Mohamed Sidikou, secrétaire général de l’Association des chefs traditionnels du Niger, a salué une mission « enrichissante », qui a permis de mieux comprendre le modèle togolais et d’en tirer des enseignements utiles. Il a notamment relevé l’intérêt du Conseil national de la chefferie traditionnelle du Togo, qu’il considère comme une référence dans le processus de structuration en cours au Niger.
Au terme de leur séjour, les membres de la délégation nigérienne ont exprimé leur satisfaction quant aux acquis de cette mission, lesquels contribueront à l’amélioration des textes et des pratiques en matière de gouvernance traditionnelle dans leur pays.

La rencontre s’est achevée dans une atmosphère empreinte de fraternité et de professionnalisme, les deux parties réaffirmant leur engagement à renforcer leur coopération autour des institutions traditionnelles, véritables garantes des valeurs et de la cohésion sociale en Afrique.