Décentralisation financière : un atelier stratégique de réflexion lancé à Adéticopé

Décentralisation financière : un atelier stratégique de réflexion lancé à Adéticopé

Partager sur :

Facebook
Twitter
LinkedIn

Le ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, à travers la Direction de la décentralisation et des collectivités locales, a ouvert ce lundi 11 mai 2026 à Adéticopé, dans la commune d’Agoè-Nyivé 6, un atelier national de réflexion consacré à la décentralisation financière. Prévue pour se dérouler du 11 au 13 mai 2026, cette rencontre vise à poser les bases d’une stratégie nationale en faveur d’une décentralisation financière plus efficace au profit des collectivités territoriales.

Les travaux réunissent des représentants des institutions de la République, des ministères sectoriels, des universités de Lomé et de Kara, des experts, des directeurs centraux ainsi que plusieurs cadres et collaborateurs du ministère.

Dans son mot de bienvenue, le directeur de la Décentralisation et des Collectivités locales, Dr Pali Essossinam, a salué la mobilisation des participants autour de cette thématique jugée essentielle pour l’avenir de la gouvernance locale au Togo. Selon lui, cette forte participation témoigne de l’intérêt accordé par les autorités togolaises à la consolidation du processus de décentralisation.

Le directeur a rappelé que l’un des principes fondamentaux de la décentralisation repose sur le transfert des compétences accompagné du transfert des ressources financières aux collectivités territoriales. Il a souligné qu’« il ne peut y avoir de décentralisation effective sans des collectivités territoriales disposant des moyens humains, matériels et surtout financiers nécessaires à l’exercice des compétences qui leur sont transférées ».

Dr Pali Essossinam a également mis en avant les dispositions prévues par la législation togolaise relatives à la décentralisation et aux libertés locales, notamment les articles 61, 303, 304, 309, 310 et 311. Ces textes traduisent, selon lui, la volonté de l’État togolais de faire de la décentralisation financière un pilier majeur de la gouvernance locale.

Il a par ailleurs rappelé les différentes réformes engagées par le gouvernement depuis la relance du processus de décentralisation, notamment l’opérationnalisation de l’Agence nationale de formation des collectivités locales, la création du Fonds d’appui aux collectivités territoriales, l’amélioration du cadre juridique ainsi que l’élaboration de la Politique nationale de décentralisation horizon 2025-2030.

Cette politique nationale accorde une place importante au renforcement du cadre financier des collectivités territoriales. Elle prévoit notamment la modernisation de la fiscalité locale, le renforcement des régies financières, l’amélioration de la mobilisation des ressources propres ainsi que la consolidation du Fonds d’appui aux collectivités territoriales.

Représentant le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, le colonel Awaté Hodabalo, le secrétaire général du ministère, monsieur Esso Koudjooua, a officiellement ouvert les travaux. Dans son allocution, il a rappelé que la décentralisation constitue un choix stratégique des plus hautes autorités du pays pour rapprocher l’administration des citoyens et promouvoir un développement harmonieux, inclusif et durable des territoires.

Le secrétaire général a également insisté sur le caractère indispensable de la décentralisation financière, qu’il a qualifiée de « socle opérationnel de la décentralisation administrative ». « Sans ressources adéquates, la décentralisation demeure une ambition inachevée », a-t-il déclaré.

Selon lui, une décentralisation financière efficace contribue non seulement à renforcer la démocratie de proximité, mais aussi à promouvoir une gouvernance locale plus performante et plus transparente.

Pendant ces trois jours, les participants réfléchiront aux mécanismes et réformes nécessaires pour renforcer durablement les capacités financières des collectivités territoriales. Les échanges et communications attendus devraient déboucher sur des recommandations concrètes destinées à accompagner les autorités togolaises dans la mise en œuvre de réformes ambitieuses au service du développement local.